Union Nationale Lycéenne

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Le dossier de l'UNL sur les Violences Scolaires

Index de l'article
Le dossier de l'UNL sur les Violences Scolaires
Intro - Analyse
Formation - Accompagnement
Sécurité - Prévention
Malaise - Emancipation
Conclusion
Toutes les pages


Le Ministre de l'Education Nationale a ouvert le Mercredi 7 Avril les Etats Généraux de la sécurité à l’école en rappelant que seraient abordées « toutes les formes de la violence ». Il a invité les participants dont l’UNL à « réfléchir sans tabous », à « dépasser les préjugés et à refuser les antagonismes d’antan ». 

Malheureusement la conclusion de ces États Généraux a été marquée par un discours allant à contresens des solutions dégagées au cours des ateliers. En effet, le Conseil Scientifique réuni spécialement pour l’occasion (voir ses fiches thématiques :  ICI ) ainsi que l’ensemble de la communauté éducative n'ont cessé de rappeler que les réponses de type « politique sécuritaire » voire de « tolérance zéro » n’étaient pas des solutions viables et dans certains cas contreproductives aux problèmes posés par les violences scolaires, et qu’il valait mieux chercher du côté de la famille, du contexte, voir même remettre l’Education Nationale, elle-même, en question.

Les 10 ateliers de débat ont ainsi été 10 réquisitoires contre les politiques sécuritaires de l'État, 10 débats ayant tous comme fil directeur la formation des enseignants, des personnels d’encadrement et des personnels administratifs, le dialogue entre les élèves et les personnels de l’éducation ainsi que la mise en responsabilité des élèves au sein des établissements. Il a été unanimement exprimé la nécessité d'une formation globale et pédagogique, à l'inverse d'une politique répressive qui n'engendrera que plus de violences !


Introduction - Analyse des faits de Violence

La violence à l'Ecole existe depuis toujours. Une quinzaine de plans "anti-violence" ont été élaborés depuis près de vingt ans. Pourtant, l'Ecole n'arrive toujours pas à résorber le problème. Pourquoi ? Parce que le problème n'est pas résolu à ses racines, il est masqué, détourné.

Quand le gouvernement annonce une politique sécuritaire encore plus répressive, nous répondons mascarade électoraliste.

En effet, l'UNL pense que le contexte familial, économique et social qui se répercute chez les jeunes de façon flagrante est l'une des causes principales de la violence à l'Ecole.

Ce malaise de la jeunesse n'est pourtant pas compliqué à observer : manque de perspectives et de confiance des jeunes dans l'avenir et la société ; peu de prise en considération d'une jeunesse qui ne demande qu'à s'émanciper…

L'UNL, traite donc les solutions sous trois aspects : formation, accompagnement et responsabilisation. 

  • Formation : il doit exister un enseignement à la gestion de la classe, les professeurs et personnels de l'établissement doivent en effet être formés au rapport à l'élève, à la gestion des conflits (certes), mais surtout, doivent être formés à enseigner.

  • Accompagnement : c'est dans l'écoute que l'élève trouve des solutions. Les professeurs et les personnels de l'établissement doivent être en mesure de pouvoir répondre aux besoins des élèves : orientation, projets, vie personnelle et lycéenne, etc.

  • Responsabilisation : "les jeunes travailleurs intellectuels" que nous sommes sont sans protection face à une société qui ne leur offre que peu de perspectives d’avenir. Les jeunes ont donc une parole qui souvent se révèle être un indicateur de la société. Et aujourd'hui la jeunesse va mal ! La vie lycéenne ainsi que la démocratie lycéenne doivent prendre une place plus conséquente dans la vie d’un établissement scolaire afin de mettre l’élève au cœur de son éducation.


Formation et Accompagnement

Les jeunes ont d’abord besoin de s’exprimer et de se sentir écoutés. Le lycée ne doit jamais devenir acteur du FACE à FACE, mais bien agir CÔTE à CÔTE avec les élèves. C’est sur cette base que pourra s’établir le respect mutuel indispensable au vivre ensemble et ainsi réduire les faits de violence. 

Alors que le gouvernement démantèle la formation des enseignants en la vidant de son contenu pédagogique et en supprimant les IUFM, Luc Châtel proposait dans son dernier discours un module de formation à la gestion de la violence. Mais la formation que nous demandons est bien plus conséquente qu’une simple formation à la « gestion des conflits ». Il nous semble évident que cette formation spécifique, bien que nécessaire, doit être minoritaire dans un plan global de formation de qualité ! Nous pensons à une formation méthodologique, didactique, au rapport avec l’élève, à la gestion de classe, à la transmission des connaissances et des compétences… Une réelle formation PEDAGOGIQUE. Cette formation est la clé de la réussite, tant pour les élèves que les professeurs. De plus, nous pensons que l’ensemble des personnels d’un établissement scolaire devrait bénéficier de cette formation car les professeurs ne sont pas les seuls en contact avec les élèves, c’est d’ailleurs là ce qui fait que le lycée n’est pas qu’un lieu d’étude mais bien un lieu de vie à part entière. Le premier pas dans la vie en communauté se fait au collège et au lycée pour la plupart des jeunes.

Nous parlons donc ici d’ACCOMPAGNEMENT. Si un élève peut s’adresser à son enseignant pour des questions de cours et de fonctionnement de la classe, il peut s’adresser aux surveillants et aux C.P.E. pour des questions plus personnelles, plus larges. Un élève doit pouvoir s’adresser à une infirmière scolaire pour des questions de santé. Il doit pouvoir consulter avec un  COPSY pour son orientation. Il doit enfin pouvoir s’entretenir avec un C.P.E. ou son proviseur, même pour des questions « extrascolaires ». Aujourd'hui, beaucoup de jeunes ne vont pas dans les CIO par manque de temps, car les CIO sont souvent loin de leur lycée et trop peu ouverts. Nous pensons que les CIO devraient obligatoirement être localisés dans l'enceinte d'un établissement scolaire ou à ses abords. Ce personnel est indispensable pour un travail de prévention en amont dans les établissements et d’accompagnement des élèves tout au long de leur scolarité.

Pour pouvoir assurer correctement ce suivi, il faut bien entendu que les personnels, et en particulier les C.P.E., les surveillants, les infirmiers, les COPSY, les professeurs et les psychologues scolaires soient en nombre suffisant. Il est inadmissible d’avoir aujourd'hui un seul COPSY pour 1 200 élèves répartis sur plus de 4 établissements scolaires. L’accompagnement de l’élève vers son émancipation est une des missions de l’Education Nationale, elle est indispensable et nécessairement liée à la formation des personnels.

Ainsi, l’UNL demande au gouvernement :

  • le renforcement de la formation pédagogique des enseignants, et ceci passe d'abord par la remise en place des IUFM.

  • la mise en place immédiate d’un plan pluriannuel de recrutement de personnels de l’éducation nationale.

  • le déplacement des CIO dans les établissements scolaires. En effet il semble inutile d'avoir un CIO le plus proche à plus de 5 km du lycée. Si les CIO sont dans les lycées, les jeunes pourront consulter les documentations, avoir plus de chance d'obtenir un rendez vous avec les COPSY. Il est évident que pour l'instant il n'est pas possible d'en avoir dans tous les lycées, mais au moins dans un lycée référant. Les COPSY devraient en plus d'assurer leur permanence au CIO pouvoir renseigner tous les élèves pendant la journée.


Sécurité et Prévention

Les résolutions des scientifiques et de la communauté éducative ainsi que les conclusions des ateliers lors des états généraux ont mis en évidence la contre productivité des politique sécuritaires de « tolérance zéro ». Refusant obstinément d’écouter ces conclusions, et répondant aux volontés de l’Élysée, Luc Châtel a au contraire rappelé sa volonté de renforcer la politique sécuritaire et répressive dans les établissements scolaires : caméras, développement des Équipes Mobiles de Sécurité (EMS), policier référant… qui ne sont que des mesures inefficaces et démagogiques. 

L’idée de mettre en place les portiques à l'entrée des lycées ne semble plus être à l’ordre du jour. En effet, le Ministère de l’éducation nationale a sans doute enfin pris conscience de la gravité des propos tenu par Xavier Darcos en mai 2009. D’une part, ils ne sont pas une nécessité mais simplement une action médiatique du gouvernement qui joue sur le climat d'insécurité : toutes les enquêtes montrent que les faits d’intrusion dans les bahuts ne concernent qu’entre 3 et 5% des faits de violence constatés. Et d’autre part, il a été démontré que la mise en place de ces portiques est impossible à concrétiser dans de nombreux établissements : passage qui durerait trop longtemps, matériaux non détectables….

Les moyens financiers qui sont aujourd’hui mis en place pour assurer la bonne tenue des politiques sécuritaires ne pourraient-ils pas servir à recruter des personnels de l’éducation pour assurer le contact humain dans les établissements ? Un contact humain qui ne doit pas se traduire en Équipes Mobiles de Sécurité : quelques intervenants présents de manière ponctuelle aux abords des établissements, et dont l'efficacité est encore loin d'être démontrée sur le plan de la prévention ou de la gestion des conflits. Au contraire ces Equipes Mobiles semblent attiser la violence car elles sont ressenties par ombre d’élèves comme une forme de police du lycée.

L'annonce de la nomination de préfets référents pour chaque établissement est une dérive inacceptable, alors qu'on supprime des postes de CPE qui eux sont nécessaires à l'harmonie dans les établissements. L’école est un lieu de vie, pas une cour de justice. Au lieu de régler le fond du problème des violences scolaires, la répression orchestrée progressivement par le gouvernement n'engendrera que plus de violence, de méfiance, de mépris et de malaise entre la communauté éducative, les lycéens, les représentants administratifs…

Contrairement à ce que le gouvernement veut nous faire croire, la violence scolaire n'est néanmoins pas un problème en soi puisque si on y travaille en amont, elle n’apparaît plus que dans des cas marginaux : les violences scolaires ne sont pas une fatalité et peuvent être résolus par la prévention !  Cette prévention passe par une révolution pédagogique, à savoir une meilleure écoute des jeunes. Elle passe aussi par une réelle révolution dans les supports pédagogiques, le rapport à l'élève et à l'apprentissage, en permettant aux élèves d’être au cœur de leur éducation. Mais une fois de plus, ceci ne peut se faire sans les moyens humains et financiers nécessaires. 

Enfin, ces actions de sensibilisation et de prévention des violences scolaires, passant par des Interventions en Milieu Scolaire (IMS) plus nombreuses doivent être menées également en partenariat avec des associations ou mouvements d'éducation populaires : Léo Lagrange, Inter-LGBT, etc. La prévention, le dialogue, l'écoute, l'accompagnement, sont de véritables solutions pour contrer efficacement la violence en milieu scolaire.

Les solutions sécuritaires annoncées mettent en avant la démagogie du gouvernement qui veut nous faire croire que face à la violence, la seule solution sera une politique radicale : « de tolérance zéro », une politique de traitement des effets car on ne veut pas s'intéresser aux causes du malaise qui nécessiterait alors de mettre en place les moyens adaptés à l'écoute et au dialogue avec les jeunes.

Il est impératif que l'Etat redonne confiance aux jeunes et réponde à leurs attentes et à leurs besoins notamment dans certaines zones ou ces besoins sont d'autant plus importants. Le ministre de l'éducation annonçait dans son discours de clôture l'élaboration dans les collèges et lycées difficiles d'un nouveau programme  « CLAIR » (Collèges et Lycées pour l’Ambition, l’Innovation et la Réussite). Ce programme devrait se caractériser par des innovations dans le champ de ressources humaines, avec un effort porté sur la stabilité des équipes, dans le champ de la pédagogie avec un large recours aux expérimentations permises par la loi, et enfin dans le champ de la vie scolaire avec la désignation d’un préfet des études pour chaque niveau. Ce programme bien qu'intéressant, ne doit pas être un prétexte pour le gouvernement pour supprimer ou fragiliser encore un peu plus les ZEP. Les ZEP doivent être renforcées et généralisées à tous les établissements « difficiles » pour permettre des conditions de travail optimal dans ces lycées.

Ainsi, l’UNL demande au gouvernement :

  • L'arrêt des politiques sécuritaires : vidéo surveillances, EMS, policier référant….

  • Le renforcement de la prévention des violences en milieu scolaire par la mise en place d'un dialogue entre lycéens, professeurs, CPE, pouvant également faire intervenir des associations dans le cadre d’IMS

  • Le renforcement des ZEP, leur généralisation à tous les établissements qui en ont le besoin, avec les moyens adaptés. Avec la nécessité en amont de mettre en place les outils scientifiques justes, efficaces et essentiels à la mesure de la violence scolaire et aux carences éducatives.


Malaise et Emancipation de la jeunesse

Les violences qui surgissent au sein des établissements proviennent généralement d’un contexte socio-économique compliqué et personnel aux élèves concernés qui n’ont souvent pas d’autres moyens d’expression. En effet, ces « établissements difficiles » que le gouvernement essaie de pointer du doigt, de stigmatiser, sont dans des villes où les taux de chômage sont plus importants que la moyenne. De plus, les associations (sportives, culturelles, etc.) et les initiatives locales ne sont pas soutenues par le gouvernement, ce qui ne donne que peu (voire pas) de perspectives aux jeunes,  ni d’espaces de paroles ou d’expression. L’Ecole devient alors le représentant de l’Etat et de la société qui laissent sur le banc de la société une grande partie des jeunes. Comment le gouvernement répond à ce malaise ambiant ? En parquant, en enfermant derrière des clôtures, en surveillant avec des caméras et en réprimant avec des E.M.S. Les causes de la violence ne sont pas combattues et le gouvernement crée de nouvelles formes de ZEP : des Zones d’Elèves Perdus.

Ainsi, au sortir des Etats Généraux des 7 et 8 avril 2010, l’UNL a rappelé à M. Châtel que la violence ne se règle pas en la masquant, et en la réprimant, mais en écoutant, en donnant des perspectives et des espaces de parole, en redéfinissant le rapport entre les élèves et les personnels de l’éducation et en donnant une vraie formation aux enseignants. Le malaise de la jeunesse ne fera que s’amplifier tant qu’on ne redonnera pas de perspectives d’avenir aux jeunes, et qu’on ne leur apportera pas toute la confiance qu’ils méritent. Une société qui croit en son avenir est une société qui investit dans sa jeunesse. Nous savons que la première des batailles à mener contres les violences scolaires est la prévention. C'est pourquoi, il est nécessaire de rappeler encore une fois que l'éducation à la citoyenneté (pour combattre les faits de violence) est primordiale.

Nous pensons également que l'ECOUTE des lycéens par des personnels formés est nécessaire pour que les violences soient connues et puissent être combattues. Ainsi, lorsque le gouvernement annonce la création, et l'amélioration d’outils de mesure de la violence à l'Ecole, nous répondons que si ceux-ci ressemblent à des enquêtes de victimisations ou des sondages, ils ne peuvent être efficaces à la seule condition que les élèves parlent et soient écoutés. Par ailleurs, écouter la jeunesse, c’est lui donner les moyens de s’exprimer : laisser les jeunes être acteurs de la vie de leur établissement. Responsabiliser un jeune en lui donnant un pouvoir de décision dans les conseils permettra de créer un lien de confiance entre cet élève et l’établissement. Nous considérons que la confiance est une des premières pierres de la cohésion d’un établissement et de son vivre-ensemble.

Enfin, alors que le gouvernement réduit les subventions aux associations depuis de nombreuses années, l’Ecole a besoin de construire autour d’elle un réseau associatif, vivant, qui donne à chaque élève la possibilité d’accéder aux espaces d’expression, aux activités intra et extra scolaires dont il a besoin : sport, vie culturelle, Arts, voyages, etc.

Toutes les batailles contre la violence scolaire ne peuvent se faire que dans une refonte globale du système éducatif. Nous attendons une vraie réforme qui n’ait pas comme objectif de répondre aux dogmes économiques et à l’égoïsme élitiste de voir « l’Ecole française dans les classements mondiaux ». Au contraire, cette réforme doit avoir pour objectif principal l’émancipation intellectuelle et citoyenne de tous les jeunes, pour leur assurer un droit à l’avenir.

Ainsi, l’UNL demande au gouvernement :

  • De revoir l’objectif de sa réforme pour qu’elle aille dans le sens de l’émancipation et non de « la sanctuarisation des établissements scolaires »

  • D’investir sur le plan financier et humain pour assurer un dialogue tant attendu.

  • De renouer avec sa jeunesse, en arrêtant de la cantonner au rôle de « casseur » , en travaillant à ce qu’elle soit intégrée à la société, en lui donnant un réel STATUT LYCEEN prenant en charge le coût global de la scolarité et permettant l’accès de manière gratuite ou à prix réduits aux ressources culturelles sous toutes leurs formes.

L’UNL attend du rendez-vous sur les rythmes scolaires qu’il soit un réel moment d’écoute et de débat, non un simulacre comme l’ont été les Etats Généraux de la sécurité à l’école.

L’UNL demande également à ce que soient mis en place :

  • L’intégration des élèves (via le C.V.L.) à la rédaction des règlements intérieurs en début d’année.

  • Un pass’ culture et un pass’ santé gratuits dans toutes les académies permettant aux jeunes d’acquérir une forme d’autonomie et donc de progressivement s’émanciper de toute tutelle existante.

  • L’intégration des représentants des élèves au conseil pédagogique afin que les décisions sur le plan pédagogique et didactique soient prises avec les élèves directement concernés.

  • Le renforcement de la place des lycéens au CA avec l’ajout de sièges supplémentaires au profit des lycéens afin qu’ils aient plus de poids dans les décisions prises notamment sur le plan disciplinaire.


Conclusion

Le porte-parole du gouvernement qui a clôt les 2 jours de réflexion a annoncé la mise en place de mesures sécuritaires, à l’inverse des préconisations de la communauté éducative et du Conseil Scientifique (pourtant installé par M. CHATEL). Le gouvernement s'entête dans sa politique alors qu'il faudrait agir sur 3 points cruciaux : une formation globale et pédagogique de qualité, la prévention des violences scolaires notamment en privilégiant des espaces d'écoute et le renforcement voire la création du dialogue avec les lycéens, et enfin une responsabilisation de la jeunesse pour assurer son intégration sociale, sa formation citoyenne et son émancipation. Se pose alors la question de l’arbitraire des choix en matière de réponse à la violence en milieu scolaire. Le déroulement de ces États Généraux laisse présupposer un débat sur les rythmes scolaires dont les propositions seront tout aussi arbitraires.

L'UNL sera bien entendu présente à ces rendez vous pour porter les revendications des lycéens et ne se satisfera pas d'un débat dont les conclusions ont déjà été fixées par le gouvernement

 
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