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| Le dossier de l'UNL sur les Violences Scolaires |
| Intro - Analyse |
| Formation - Accompagnement |
| Sécurité - Prévention |
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Sécurité et Prévention
Les résolutions des scientifiques et de la communauté éducative ainsi que les conclusions des ateliers lors des états généraux ont mis en évidence la contre productivité des politique sécuritaires de « tolérance zéro ». Refusant obstinément d’écouter ces conclusions, et répondant aux volontés de l’Élysée, Luc Châtel a au contraire rappelé sa volonté de renforcer la politique sécuritaire et répressive dans les établissements scolaires : caméras, développement des Équipes Mobiles de Sécurité (EMS), policier référant… qui ne sont que des mesures inefficaces et démagogiques.
L’idée de mettre en place les portiques à l'entrée des lycées ne semble plus être à l’ordre du jour. En effet, le Ministère de l’éducation nationale a sans doute enfin pris conscience de la gravité des propos tenu par Xavier Darcos en mai 2009. D’une part, ils ne sont pas une nécessité mais simplement une action médiatique du gouvernement qui joue sur le climat d'insécurité : toutes les enquêtes montrent que les faits d’intrusion dans les bahuts ne concernent qu’entre 3 et 5% des faits de violence constatés. Et d’autre part, il a été démontré que la mise en place de ces portiques est impossible à concrétiser dans de nombreux établissements : passage qui durerait trop longtemps, matériaux non détectables….
Les moyens financiers qui sont aujourd’hui mis en place pour assurer la bonne tenue des politiques sécuritaires ne pourraient-ils pas servir à recruter des personnels de l’éducation pour assurer le contact humain dans les établissements ? Un contact humain qui ne doit pas se traduire en Équipes Mobiles de Sécurité : quelques intervenants présents de manière ponctuelle aux abords des établissements, et dont l'efficacité est encore loin d'être démontrée sur le plan de la prévention ou de la gestion des conflits. Au contraire ces Equipes Mobiles semblent attiser la violence car elles sont ressenties par ombre d’élèves comme une forme de police du lycée.
L'annonce de la nomination de préfets référents pour chaque établissement est une dérive inacceptable, alors qu'on supprime des postes de CPE qui eux sont nécessaires à l'harmonie dans les établissements. L’école est un lieu de vie, pas une cour de justice. Au lieu de régler le fond du problème des violences scolaires, la répression orchestrée progressivement par le gouvernement n'engendrera que plus de violence, de méfiance, de mépris et de malaise entre la communauté éducative, les lycéens, les représentants administratifs…
Contrairement à ce que le gouvernement veut nous faire croire, la violence scolaire n'est néanmoins pas un problème en soi puisque si on y travaille en amont, elle n’apparaît plus que dans des cas marginaux : les violences scolaires ne sont pas une fatalité et peuvent être résolus par la prévention ! Cette prévention passe par une révolution pédagogique, à savoir une meilleure écoute des jeunes. Elle passe aussi par une réelle révolution dans les supports pédagogiques, le rapport à l'élève et à l'apprentissage, en permettant aux élèves d’être au cœur de leur éducation. Mais une fois de plus, ceci ne peut se faire sans les moyens humains et financiers nécessaires.
Enfin, ces actions de sensibilisation et de prévention des violences scolaires, passant par des Interventions en Milieu Scolaire (IMS) plus nombreuses doivent être menées également en partenariat avec des associations ou mouvements d'éducation populaires : Léo Lagrange, Inter-LGBT, etc. La prévention, le dialogue, l'écoute, l'accompagnement, sont de véritables solutions pour contrer efficacement la violence en milieu scolaire.
Les solutions sécuritaires annoncées mettent en avant la démagogie du gouvernement qui veut nous faire croire que face à la violence, la seule solution sera une politique radicale : « de tolérance zéro », une politique de traitement des effets car on ne veut pas s'intéresser aux causes du malaise qui nécessiterait alors de mettre en place les moyens adaptés à l'écoute et au dialogue avec les jeunes.
Il est impératif que l'Etat redonne confiance aux jeunes et réponde à leurs attentes et à leurs besoins notamment dans certaines zones ou ces besoins sont d'autant plus importants. Le ministre de l'éducation annonçait dans son discours de clôture l'élaboration dans les collèges et lycées difficiles d'un nouveau programme « CLAIR » (Collèges et Lycées pour l’Ambition, l’Innovation et la Réussite). Ce programme devrait se caractériser par des innovations dans le champ de ressources humaines, avec un effort porté sur la stabilité des équipes, dans le champ de la pédagogie avec un large recours aux expérimentations permises par la loi, et enfin dans le champ de la vie scolaire avec la désignation d’un préfet des études pour chaque niveau. Ce programme bien qu'intéressant, ne doit pas être un prétexte pour le gouvernement pour supprimer ou fragiliser encore un peu plus les ZEP. Les ZEP doivent être renforcées et généralisées à tous les établissements « difficiles » pour permettre des conditions de travail optimal dans ces lycées.
Ainsi, l’UNL demande au gouvernement :
L'arrêt des politiques sécuritaires : vidéo surveillances, EMS, policier référant….
Le renforcement de la prévention des violences en milieu scolaire par la mise en place d'un dialogue entre lycéens, professeurs, CPE, pouvant également faire intervenir des associations dans le cadre d’IMS
Le renforcement des ZEP, leur généralisation à tous les établissements qui en ont le besoin, avec les moyens adaptés. Avec la nécessité en amont de mettre en place les outils scientifiques justes, efficaces et essentiels à la mesure de la violence scolaire et aux carences éducatives.



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