Union Nationale Lycéenne

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Le dossier de l'UNL sur les Violences Scolaires - Malaise - Emancipation

Index de l'article
Le dossier de l'UNL sur les Violences Scolaires
Intro - Analyse
Formation - Accompagnement
Sécurité - Prévention
Malaise - Emancipation
Conclusion
Toutes les pages

Malaise et Emancipation de la jeunesse

Les violences qui surgissent au sein des établissements proviennent généralement d’un contexte socio-économique compliqué et personnel aux élèves concernés qui n’ont souvent pas d’autres moyens d’expression. En effet, ces « établissements difficiles » que le gouvernement essaie de pointer du doigt, de stigmatiser, sont dans des villes où les taux de chômage sont plus importants que la moyenne. De plus, les associations (sportives, culturelles, etc.) et les initiatives locales ne sont pas soutenues par le gouvernement, ce qui ne donne que peu (voire pas) de perspectives aux jeunes,  ni d’espaces de paroles ou d’expression. L’Ecole devient alors le représentant de l’Etat et de la société qui laissent sur le banc de la société une grande partie des jeunes. Comment le gouvernement répond à ce malaise ambiant ? En parquant, en enfermant derrière des clôtures, en surveillant avec des caméras et en réprimant avec des E.M.S. Les causes de la violence ne sont pas combattues et le gouvernement crée de nouvelles formes de ZEP : des Zones d’Elèves Perdus.

Ainsi, au sortir des Etats Généraux des 7 et 8 avril 2010, l’UNL a rappelé à M. Châtel que la violence ne se règle pas en la masquant, et en la réprimant, mais en écoutant, en donnant des perspectives et des espaces de parole, en redéfinissant le rapport entre les élèves et les personnels de l’éducation et en donnant une vraie formation aux enseignants. Le malaise de la jeunesse ne fera que s’amplifier tant qu’on ne redonnera pas de perspectives d’avenir aux jeunes, et qu’on ne leur apportera pas toute la confiance qu’ils méritent. Une société qui croit en son avenir est une société qui investit dans sa jeunesse. Nous savons que la première des batailles à mener contres les violences scolaires est la prévention. C'est pourquoi, il est nécessaire de rappeler encore une fois que l'éducation à la citoyenneté (pour combattre les faits de violence) est primordiale.

Nous pensons également que l'ECOUTE des lycéens par des personnels formés est nécessaire pour que les violences soient connues et puissent être combattues. Ainsi, lorsque le gouvernement annonce la création, et l'amélioration d’outils de mesure de la violence à l'Ecole, nous répondons que si ceux-ci ressemblent à des enquêtes de victimisations ou des sondages, ils ne peuvent être efficaces à la seule condition que les élèves parlent et soient écoutés. Par ailleurs, écouter la jeunesse, c’est lui donner les moyens de s’exprimer : laisser les jeunes être acteurs de la vie de leur établissement. Responsabiliser un jeune en lui donnant un pouvoir de décision dans les conseils permettra de créer un lien de confiance entre cet élève et l’établissement. Nous considérons que la confiance est une des premières pierres de la cohésion d’un établissement et de son vivre-ensemble.

Enfin, alors que le gouvernement réduit les subventions aux associations depuis de nombreuses années, l’Ecole a besoin de construire autour d’elle un réseau associatif, vivant, qui donne à chaque élève la possibilité d’accéder aux espaces d’expression, aux activités intra et extra scolaires dont il a besoin : sport, vie culturelle, Arts, voyages, etc.

Toutes les batailles contre la violence scolaire ne peuvent se faire que dans une refonte globale du système éducatif. Nous attendons une vraie réforme qui n’ait pas comme objectif de répondre aux dogmes économiques et à l’égoïsme élitiste de voir « l’Ecole française dans les classements mondiaux ». Au contraire, cette réforme doit avoir pour objectif principal l’émancipation intellectuelle et citoyenne de tous les jeunes, pour leur assurer un droit à l’avenir.

Ainsi, l’UNL demande au gouvernement :

  • De revoir l’objectif de sa réforme pour qu’elle aille dans le sens de l’émancipation et non de « la sanctuarisation des établissements scolaires »

  • D’investir sur le plan financier et humain pour assurer un dialogue tant attendu.

  • De renouer avec sa jeunesse, en arrêtant de la cantonner au rôle de « casseur » , en travaillant à ce qu’elle soit intégrée à la société, en lui donnant un réel STATUT LYCEEN prenant en charge le coût global de la scolarité et permettant l’accès de manière gratuite ou à prix réduits aux ressources culturelles sous toutes leurs formes.

L’UNL attend du rendez-vous sur les rythmes scolaires qu’il soit un réel moment d’écoute et de débat, non un simulacre comme l’ont été les Etats Généraux de la sécurité à l’école.

L’UNL demande également à ce que soient mis en place :

  • L’intégration des élèves (via le C.V.L.) à la rédaction des règlements intérieurs en début d’année.

  • Un pass’ culture et un pass’ santé gratuits dans toutes les académies permettant aux jeunes d’acquérir une forme d’autonomie et donc de progressivement s’émanciper de toute tutelle existante.

  • L’intégration des représentants des élèves au conseil pédagogique afin que les décisions sur le plan pédagogique et didactique soient prises avec les élèves directement concernés.

  • Le renforcement de la place des lycéens au CA avec l’ajout de sièges supplémentaires au profit des lycéens afin qu’ils aient plus de poids dans les décisions prises notamment sur le plan disciplinaire.



 
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