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Déclaration Liminaire de l’UNL lors de la séance du CSE du 12 mai 2010

 


Dans un contexte de crise économique et sociale dans lequel nous sommes, le gouvernement choisit ses priorités. Il mène des politiques purement budgétaires, privilégiant toujours les classes les plus favorisées de la société.

Dans un contexte de crise économique et sociale dans lequel nous sommes, le gouvernement choisit ses priorités. Il mène des politiques purement budgétaires, privilégiant toujours les classes les plus favorisées de la société.

De plus, en supprimant continuellement des postes, en refusant notamment d’investir durablement dans l’éducation, en faisant de la politique de privatisation une normalité, il continue de casser l’ensemble des services publics alors que c’est le seul patrimoine de ceux qui n’en ont pas, et qu’ils sont les garants de l’égalité et de la solidarité entre les citoyens sur l’ensemble du territoire.

Réforme de la formation des enseignants : un projet inacceptable !

Faite à marche forcée, la réforme de la formation des enseignants a suscité et continue de susciter une levée de bouclier de la part de l’ensemble de la communauté éducative, jamais  prise en compte dans les discussions ! Cette réforme est bien la preuve de politiques aveugles et irresponsables prises en matière d’éducation.

Le Ministre de l’éducation Nationale, Luc Chatel, propose la suppression du cahier des charges national, autrement dit une formation différente dans chaque IUFM. Nous ne pouvons que déplorer cette décision : supprimer tout cadrage national de la formation des enseignants, c’est assumer les fait que les professeurs et instituteurs ne soient pas tous formés avec les mêmes contenus disciplinaire, et que les pratiques pédagogiques soient très variables d’un professeur à l’autre. Un étudiant en Histoire à Toulouse ne recevra peut être pas les mêmes contenus disciplinaires et la même formation pédagogique, pour ce qu’il en reste, qu’un étudiant en Histoire à Paris.

D’une part, cette réforme n’assurera plus l’égalité entre chaque élève et entre chaque établissement. D’autre part, ce non cadrage de la formation des enseignants va remettre en cause le cadrage national du baccalauréat avec des acquis disciplinaires et pédagogiques en complet décalage d’un établissement à un autre, d’un enseignant à un autre.

Supprimer le cadrage national de la formation des enseignants, c’est  une fois de plus aller vers la voie d’une école qui n’enseigne pas à tous la même chose et de la même manière. Ceci fait reculer un peu plus l’égalité des droits qu’elle est censée assurer, et c’est pour cette raison que l’UNL a boycotté le CSE prévu la semaine dernière. Nous réclamons une formation des enseignants qui va dans le sens de la pédagogie, de la réussite de tous les élèves, et non une réforme basée sur une logique comptable désastreuse pour les élèves comme pour les enseignants !

L’objectif annoncé de cette réforme est une revalorisation du métier d’enseignant. Cependant, ces projets ont pour but très clair de faire des économies, en supprimant la cinquième année de formation rémunérée et les IUFM.

Supprimer cette cinquième année de formation, c’est sacrifier toute formation professionnelle et donc pédagogique des futurs enseignants au profit d’une formation purement disciplinaire. Ces mesures risquent tout simplement de renforcer les inégalités scolaires entre les élèves, en laissant de côté les plus en difficultés, car des professeurs non-formés seront incapables d’éviter des décrochages en accompagnant les élèves. Le phénomène de reproduction sociale apparait tenir à cœur de certain de nos dirigeants pour le favoriser à ce point là !

Enseigner est un métier qui s’apprend ! Nous l’avons maintes et maintes fois répété mais le Gouvernement continue de faire la sourde oreille. Avec la suppression des stages en 5e année de formation, cette réforme affiche un seul et unique objectif final : la suppression directe de 18 000 postes l’année prochaine. Ceux-ci vont se rajouter au près de 40 000 postes supprimés depuis 2007.

Le gouvernement asphyxie l’École de la République.

Monsieur le ministre, il faut se rendre à l’évidence : la situation n’est plus tenable. La politique de suppression de poste dans l’éducation engagée depuis 2002 à atteint une limite : nous ne pouvons pas apprendre dans des conditions correctes à 35 ou 40 par classes ! La réforme du lycée proposée pour l’année prochaine ne pourra entrer correctement en vigueur si des moyens humains et financiers conséquents ne sont pas alloués à l’éducation. En effet, la réforme sera inutile voire pire : contreproductive si aucun effort de votre part n’est effectué. En effet, à force de ne pas vous donner les moyens, Monsieur le Ministre, les nouveaux manuels scolaires pour les secondes n’ont pas encore été imprimés et ne seront disponibles qu’à partir d’octobre prochain !

En parallèle à ces coupes budgétaires, une forte stigmatisation de la jeunesse est entrain de s’installer. Vous pensez résoudre les problèmes d’insécurité dus à la jeunesse en installant des caméras de surveillance dans les lycées, et avec des Equipes Mobiles des Sécurité de plus en plus présentes. Mais une société qui évolue est une société qui étudie, et il serait décalé de ne pas faire le lien entre la violence des jeunes et la politique de casse de l'éducation qui est menée depuis des années. La violence scolaire sera résolue par une éducation égalitaire et démocratique et non par une augmentation des mesures sécuritaires !

Si la violence chez les jeunes augmente incontestablement, c’est bien parce que beaucoup de jeunes sont de moins en moins convaincue par le principe de l’égalité des droits que devrait leur assurer l’éducation nationale. Ils sont désespérés de savoir qu’ils vivront moins bien que la génération de leurs parents car les politiques en leur faveur ont été inexistantes depuis une dizaine d’années. Ils subissent de plein fouet une crise sans précédent et leur avenir s’assombri jour après jour et c’est pourquoi nous investissons le débat sur les retraites que nous considérons aussi comme une affaire de jeunes.

Ils doivent faire face, notamment dans les familles les plus défavorisées, à des conditions de vie, de plus en plus difficiles qui crées inévitablement des tensions et des conflits. L’école étant le prisme de la société, ce qui se passe dans la société se ressent à l’école. Dans ce sens la formation des enseignants est plus qu’importante (pour le suivi de l’élève, la gestion de la classe…) et les annonces faites lors des états généraux ne répondront pas efficacement et durablement aux phénomènes rencontrés. La communauté éducative et la communauté scientifique l’ont dit, il serait sûrement temps de les écouter !

Ainsi, l’UNL demande au gouvernement de faire le constat de huit années de dégradation de l’éducation et d’en prendre acte, plutôt que de la détruire encore plus ! L’annonce progressive de la part du gouvernement de la mise en place d’un plan de rigueur apparait comme la plus grande des folies politiques. Le gouvernement va ainsi tailler dans ce qui reste des Services Publics, les privatisant de plus en plus. Nous refuserons tout plan qui consisterait à s’attaquer une nouvelle fois aux protections collectives. Ce sont ces dernières qui ont permis à notre pays de subir moins difficilement la crise économique et sociale. Le gouvernement devrait ouvrir les yeux et comprendre qu’il est vital d’investir massivement en elles dès à présent, et notamment dans l’éducation et l’enseignement supérieur ! Il faut permettre à tous de réussir, de s’émanciper et de pouvoir ainsi s’insérer dans la vie socioprofessionnelle.

C’est pourquoi, nous refusons la Réforme de la formation des enseignants telle que proposée, car elle est déconnectée des attentes sociétales et sociales.

Nous refusons cette réforme de la formation des enseignants car elle ne répond en aucuns cas aux attentes de l’ensemble de la communauté éducative tant sur le plan social que sur le plan éducatif. Elle est l’illustration la plus flagrante d’un gouvernement sourd et aveugle face aux revendications syndicales !

Nous refusons la réforme de la formation des enseignants car elle ne porte, dans aucun de ses projets, la réussite de tous les élèves, le renouveau pédagogique et le renouvellement du rapport entre l’élève et l’enseignant.

Le gouvernement doit remédier à sa politique incessante de coupes budgétaires. Les responsabilités doivent désormais être assumé : il faut investir massivement dans l’éducation tant sur le plan humain que sur le plan financier !

Car ils ne répondent en aucun cas aux attentes et espérances des lycéens, l’UNL votera contre tous les textes proposés à ce CSE. En effet, les mesures que le gouvernement veut appliquer sont une fois de plus dogmatiques, irresponsables et donc inadmissibles !

Mise à jour le Jeudi, 13 Mai 2010 13:43  
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