Union Nationale Lycéenne

  • Augmenter la taille
  • Taille par défaut
  • Diminuer la taille
Home Orientation Projet Interdisciplinaire

Projet Interdisciplinaire pour l'Autonomie

Index de l'article
Projet Interdisciplinaire pour l'Autonomie
Révolution Pédagogique
Innover pédagogiquement
Toutes les pages

1 - Une fracture qui persiste entre le secondaire et le supérieur

Au lycée, les élèves sont habitués à suivre de près un programme défini et sont confrontés aux méthodes variées de leurs professeurs. La majorité des apprentissages se font lors de cours magistraux et de manière cloisonnée (peu de liens entre les disciplines). Aucun effort n’est fait pour permettre aux élèves d’acquérir leur autonomie intellectuelle par l’acquisition de méthodes de travail solides.

De fait, au sortir du lycée, les élèves se retrouvent le plus souvent livrés à eux-mêmes quel que soit le cursus pour lequel ils optent. Selon une étude menée en 2005, 35% des étudiants ne valideraient pas leur première année de licence (source MEN). Ce chiffre alarmant ne fait que confirmer l’existence d’une fracture réelle entre l’enseignement secondaire et l’enseignement supérieur.

En 1999, le gouvernement a fait le choix d’introduire des dispositifs interdisciplinaires dans le secondaire : les Travaux Personnels Encadrés (TPE) dans les filières générales et les Projets Professionnels à Caractère Pluridisciplinaire (PPCP) dans les filières professionnelles. Ces dispositifs visaient à responsabiliser les élèves en leur faisant réaliser des travaux dont ils déterminaient eux-mêmes les finalités et les moyens d’y parvenir. Pour autant, cet outil révolutionnaire a été mal intégré au parcours scolaire. Les moyens consacrés à ces dispositifs n’ont pas été à la hauteur des objectifs préalablement établis (manque de formation du corps enseignant, aussi bien en ce qui concerne les objectifs des TPE, que le traitement pédagogique de ceux-ci). Les TPE malgré l’avancée pédagogique qu’ils incarnent ont été supprimé en 2005 pour les classes de Terminale.

 


 

2 - Une révolution pédagogique aujourd’hui indispensable

Au collège comme au lycée, les élèves sont spectateurs de leur éducation au lieu d’en être des acteurs à part entière. Habitués malgré eux à " ingurgiter " un certain nombre de connaissances brutes, ils n’ont pas la capacité d’avoir une vision globale de leurs apprentissages et d’en mesure les bénéfices concrets. Nous considérons que ceci est un frein à la construction intellectuelle et l’émancipation des jeunes.

Nous pensons qu’il est aujourd’hui nécessaire que les élèves puissent sortir du lycée en ayant acquis des réflexes sur le plan des méthodes de travail, passage obligatoire vers une autonomie indispensable dans l’enseignement supérieur comme dans la vie active.

Qui plus est, la façon dont sont cloisonnées les disciplines engendre une difficulté pour les élèves à envisager leurs projets d’orientation dans la mesure où il existe une inéquation totale entre le secondaire et le supérieur. En effet, l’organisation actuelle du lycée, les programmes imposés et les pédagogies utilisées donnent trop souvent l’impression que le baccalauréat constitue la seule finalité des ces " années lycées ". Car, que reste-t-il, deux mois plus tard, des connaissances ingurgitées pendant les deux semaines de " bachotage " qui ont précèdent les épreuves du baccalauréat ? Assurément, bien peu de choses.

Au final, ces éléments ne font qu’augmenter la probabilité d’échec dans le supérieur (comme le montrent notamment les chiffres évoqués plus haut), mais ont aussi et surtout un impact non négligeable sur l’insertion professionnelle des jeunes.

Face à ce constat, nous défendons une révolution pédagogique qui puisse redonner tout son sens à l’enseignement secondaire et aux projets d’avenir des jeunes. Cette révolution devra permettre l’acquisition de méthodes de travail solides en vue d’une autonomie des élèves dans leurs recherches personnelles mais aussi leur permettre de faire le lien entre les disciplines, de prendre du recul quant aux finalités des savoirs acquis, de stimuler leur esprit critique et de leur donner une ouverture sur le monde.

 


 

3 - Le PIA, un outil pédagogique innovant

Nous proposons la mise en oeuvre d’un parcours transdisciplinaire, dont l’objectif principal serait de créer le lien entre le secondaire et le supérieur sur le plan des pratiques pédagogiques notamment. Ce dispositif, le " Projet Interdisciplinaire pour l’Autonomie " serait un module obligatoire destiné aux élèves de Seconde et divisé en deux temps. Pendant tout le premier trimestre, les élèves participeraient à des sessions d’initiation à la recherche documentaire et plus largement aux Technologies de l’Information et de la Communication.

Des cours de méthodologie basés sur l’organisation du travail personnel, la synthétisation d’informations ou encore la rédaction de fiches de lecture viendraient compléter ce parcours initial de formation. Deux heures hebdomadaires pourraient être consacrées à ce premier temps fondamental.

Les deux trimestres suivants seraient pour leur part consacrés à l’élaboration et à la concrétisation d’un projet interdisciplinaire défini au préalable par les élèves. Un système de suivi, et non d’encadrement, serait alors mis en place, ponctué de rendez-vous pédagogiques entre les élèves et leurs enseignants, afin de répondre aux éventuelles questions des lycéens et de les aider à s’orienter dans leurs travaux.

Ce projet pourrait concerner n’importe quelles matières, quelle que soit l’option choisie. Au même titre que les TPE, il s’agirait d’un travail en petits groupes. Pour que leurs projets se concrétisent, les lycéens devront par ailleurs disposer de tous les supports médiatiques existants. L’établissement devra donc mettre à la disposition des élèves tout son matériel afin de leur permettre de mener leurs projets dans de bonnes conditions. Il pourra également attribuer des subventions à ces travaux comme cela était prévu dans le cadre des TPE.

En fin d’année, une évaluation serait mise en place sous la forme d’une présentation orale et écrite du projet. Le groupe d’élèves réaliserait cette présentation devant un jury composé d’enseignants et d’élèves qui lui attribueraient une note. Celle-ci pourrait être valorisée dans le dossier scolaire de l’élève.

Le PIA a vocation à aider les jeunes à apprendre à travailler en autonomie dès l’entrée au lycée, ainsi qu’à élargir leurs champs de recherche, en ne se cantonnant pas au cadre scolaire stricto sensu. Les élèves pourraient ainsi, dans le cadre de leur projet, rencontrer des professionnels et multiplier leurs sources d’information. Bien sûr, c’est sans compter les bénéfices d’une telle formation méthodologique sur l’ensemble des disciplines étudiées traditionnellement. Inscrire nos savoirs dans la durée, voilà une perspective d’avenir.

 

 
Bannière



Sur Twitter


Newsletter