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Lycée Polyvalent des Métiers

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1 - Des filières mal reconnues

Depuis trop longtemps, les lycéens partagent le même constat : nos lycées ne permettent pas un véritable choix d’orientation et il existe de grandes disparités entre les filières professionnelles, technologiques et générales. Ces inégalités s’accompagnent d’une dévalorisation des filières professionnelles et technologiques. Cette dévalorisation est le fruit d’une politique inavouée de transfert des élèves dit " en échec scolaire " vers ces filières.

Les élèves en difficulté dont le choix d’orientation est déterminé par défaut se voient ainsi enfermés dans leur échec. La méconnaissance des différentes filières professionnelles ainsi que la politique actuellement menée par l’Education Nationale ne font qu’agrandir ce gouffre. 150 000 jeunes sortent chaque année du système scolaire sans diplôme. Ceci est révélateur des dysfonctionnements d’un système éducatif vieilli qui n’a pas su s’adapter à la diversité des jeunes à former.

De plus, lorsqu’un élève s’engage dans une filière professionnelle, il est rapidement confronté à de nombreux problèmes, et en premier lieu à l’éparpillement sur le territoire des structures lui permettant d’accomplir sa formation de A à Z. Ainsi, il faut parfois parcourir plusieurs dizaines de kilomètres afin de trouver toutes les composantes de formation d’un même corps de métier où d’un même secteur d’activité. Cela constitue un frein pour de nombreux jeunes.

 


 

2 - Les dangers de l’orientation subie

Comme dit précédemment, on assiste depuis quelques années à un enfermement précoce des élèves en difficulté dans des voies dont les débouchés ne correspondent pas toujours à leurs aspirations.

Le système est tel que si l’élève s’aperçoit que sa filière ne lui convient pas ou qu’il n’y réussit pas, ses possibilités de réorientation sont quasi nulles et le contraignent à recommencer un cursus scolaire presque complet ou bien à sortir du système éducatif.

De leur coté, les filières professionnelles ou d’apprentissage finissent par être considérées comme des " voies de garage " pour les élèves en difficulté. L’apprentissage à 14 ans comme unique réponse à la crise des banlieues est une illustration de ces a priori absurdes. La situation est telle que 77,9% des étudiants en BTS issus de filières générales (soit 25,3% de l’effectif des BTS) sont admis, contre seulement 45,4% de ceux issus de filières professionnelles (soit 14,4% de l’effectif des BTS).

Le manque de passerelles est l’un des facteurs qui participent de la dévalorisation des filières professionnelles. Cette non-reconnaissance du droit à l’erreur et à la réorientation n’encourage pas les élèves à se risquer dans un parcours qu’ils jugeront trop ciblé. Cette appréhension est renforcée par la méconnaissance des parcours qui apparaissent souvent comme trop complexes ou peu lisibles. A seize ans, l’élève a pourtant avant tout besoin d’être rassuré quant à son avenir.

D’autre part, l’accès à un bac professionnel ou à un BTS nécessite souvent de changer d’établissement et de ville, ajoutant des contraintes dans le projet professionnel de l’élève et le poussant à restreindre ses possibilités de qualification.

De plus, l’absence de mixité favorise non seulement le phénomène de reproduction sociale, mais développe également une forme de corporatisme. Celui-ci existe déjà entre les différentes formations au sein d’une même filière. Plus grave encore, cette absence de mixité nuit au rôle émancipateur du lycée. Ce dernier doit être un lieu de vivre ensemble, propice à l’échange et à l’apprentissage de la vie en société.

 


 

3 - Un objectif : le Lycée Polyvalent des Métiers (LPM)

L’UNL propose un lycée à la fois polyvalent qui regroupe des cursus tout à fait différents dans le but d’améliorer la mixité entre les élèves, et un lycée offrant une formation sur la durée. Cela signifie simplement qu’un élève choisissant un BEP dans X domaine trouvera dans le même établissement le bac professionnel et le BTS correspondant à ce même domaine. Cela permettrait à un élève de cerner son projet de manière globale et de se lancer dans sa réalisation en toute sérénité.

Ces lycées auraient pour mission de promouvoir une mixité à la fois scolaire puisque différents enseignements y seraient représentés, mais également sociale puisqu’ils regrouperaient des lycéens de différents milieux et promis à des avenirs variés. De plus, ce type de lycée augmenterait sensiblement le niveau de qualification moyen car dans cet environnement de sécurité, moins d’élèves quitteraient leur formation en milieu de parcours.

Ainsi dans un même lycée se regrouperaient filières professionnelles, technologiques et générales permettant par conséquent de multiplier les passerelles entre celles-ci. Grâce à ces Lycée Polyvalents des Métiers chaque élève se trouvant en situation de difficulté par rapport à sa scolarité, ou bien n’étant pas satisfait de sa formation, pourrait intégrer une nouvelle filière, plus en accord avec son projet et ainsi moins de jeunes sortiraient du système scolaire sans diplôme.

Le passage vers une autre filière pourrait se faire sous forme de stage de " remise à niveau ". Il peut aussi se concrétiser par une année d’ " insertion " permettant d’étudier de nouvelles matières spécifiques à la formation choisie. Dans tous les cas, les passerelles doivent permettre à tous de réintégrer une nouvelle formation qu’elle soit en rapport ou non avec la première choisie.

Il est indéniable qu’au-delà de la question de l’orientation, la mise en place des LPM permettrait une synergie des savoirs et créerait les conditions véritables du " vivre-ensemble ". Pour autant, les lycées devront rester des lycées à taille humaine qui ne dépassent pas 1000 élèves. Cet équilibre entre " lycée polyvalent " et " lycée de métiers " nécessite une réorganisation progressive de l’offre de filières dans les académies et les lycées. Dans un premier temps, la mise en place de lycées pilotes peut être envisagé. Il sera ensuite nécessaire d’établir un calendrier fixant des objectifs clairs quant à la généralisation de ces Lycées Polyvalents des Métiers.

Quoiqu’il arrive, ceci nécessite la mise en place d’une politique volontariste de rénovation de l’enseignement secondaire. Nous considérons que cette proposition, aussi ambitieuse qu’elle puisse paraître, constitue aujourd’hui une nécessité si l’on souhaite réellement relever le défi de la démocratisation des savoirs.

 

 
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